HISTO-NORD


Retour sommaire

juin 2003

L'aventure minière

C'est en 1720 qu'un gisement de charbon était découvert à Fresnes-sur-Escaut.
L’aventure commençait....

A l’époque, descendre dans la mine était quelque chose d’absolu-ment terrifiant. D’abord, on utilisait des moyens plutôt rudimentaires pour parvenir en bas des échelles, des cordes à noeuds ou des « cuffats » sortes de grands tonneaux dans les-quels s’introduisaient les mineurs et que l’on envoyait vers le fond à l’aide de cordages. De plus, non seulement l’horizon était des plus obscur (l’éclairage ne consistait qu’en bougies ou en lampes à huile), mais le silence y régnait. Quelques bruits d’outils résonnant sur le sol, de temps à autre une parole de mineurs. Tout l’outillage était manuel, et le resta jusqu’aux environs de 1848. De temps à autre, la flamme des éclairages provoquait l’explosion du grisou et quantité de vic-times. L’historien Gérard Dumont a retrouvé les traces d’un mineur de l’époque, Antoine Delfosse, né à Anzin. Il descendit dans la fosse en 1768, a l’âge de 7 ans Il y travailla jusqu’à l’âge de 63 ans. Labeur épou-vantable, selon l’expression de cet his-torien, mais en même temps, pour les habitants d’Anzin, cette mine était une occasion de gagner son pain.
Dure condition aussi pour les che-vaux, indispensables pour transporter le charbon. On installait des écuries dans la fosse, pouvant comporter jus-qu’à vingt-cinq bêtes. Avant de les faire descendre, on les habituait au noir en leur bandant les yeux notam-ment. Le château d’Olhain servit de centre de récupération pour bon nombre de chevaux.
Dans la première moitié du XIXe siècle, les choses évoluèrent, avec les progrès de la technologie et l’arrivée des grandes compagnies industrielles.


Entretemps, le bassin minier s’étendit démesurément à travers toute la région, formant une sorte de longue empreinte émaciée (120 km de long sur 12 de large environ) . En 1841, on trouva du charbon à Oignies. A l’époque , la région comptait 9000 ouvriers des mines. Vingt ans plus tard, on en dénombrait 20000 et 42000 en 1875. Parmi eux, bon nombre d’enfant très jeunes, comme Antoine Delfosse, mais aussi des filles, qu’on surnommait les cafus, à cause de la coiffe qu’elle portait et dans laquelle elles plaçaient leurs cheveux pour les protéger de la poussière de charbon. Les filles ne travaillaient pas au charbon proprement dit mais s’occupaient de tâches d’intendance.
Cependant, au fur et à mesure quel’industrie s’améliorait et que le rendement s’accélérait, le mécontentement prenait également de l’ampleur. De grande grèves d’ouvriers miniers virent le jour, souvent réprimées de façon sanglante au point d’attirer l’attention d’Emile Zola qui assistera à une grève de cinquante-six jours. Dans son carnet de notes, Zola a notamment écrit : « Mis le vêtement du mineur, la chemisede laine, la culotte ou cule, la veste ou jupon … Deux minutes au plus pour descendre 476 mètres (une minute pour monter). La pluie commence à une certaine profondeur, d’abord faible, puis augmentant... On entend brusquement un roulement lointain, c’est un train de berlines qui arrive.. Le bruit se rapproche, on aperçoit vaguement le cheval blanc qui traîne. Un enfant est assis sur la première berline, c’est le conducteur… »


Mais les grèves ne sont pas les seuls drames qu’aient connus les mines des catastrophes eurent égale-ment lieu. Ainsi, le 10 mars 1906, tôt le matin, une effroyable explosion se produisit dans le puits n°3 de Méri-court, près du village de Courrières on s’apercevra par la suite qu’une cen-taine de kilomètres de galeries avaient été atteints. Or, les galeries s’effon-drent, bouchant ainsi les puits. Il fau-dra plusieurs semaines pour remonter des corps et tenter de retrouver des survivants, le tout dans une atmo-sphère de grève et de répression. Trois semaines après le drame, une douzai-ne de mineurs ayant miraculeuse-ment survécu et qui étaient perdus dans l’interminable défilé de galeries retrouveront enfin les rayons du soleil. On a estimé qu’il y avait eut 1 099 victimes.
Dans la seconde moitié du XXe siècle, dès 1959, le déficit d’exploi-tation fut constaté. On décida une diminution progressive de la produc-tion. Le 21 décembre 1990, le dernier puits d’extraction ferma, de façon définitive. Il s’agissait du puits n° 10 de Oignies. Cinquante ans plus tôt, on comptait plus de 135 000 mineurs dans le Nord-Pas-de-Calais. Six cents puits avaient été exploités. Deux mil-liards et demi de tonnes de charbons ont été extraits.
Certains de ces sites se sont recon-vertis en musées, avec souvent, pour guides, d’anciens mineurs. L’exemple le plus représentatif est le Centre his-torique minier de Lewarde, aménagé sur le carreau de la fosse Delloye qui fonctionna de 1930 à 1971. Le Centre historique, qui est aujourd’hui le plus grand musée de la mine en France, ouvrit ses portes en 1984. Il propose au visiteur de suivre toutes les étapes de la journée du mineur, de la salle des bains-douches (ou salle des pen-dus, parce qu’on y laissait ses vêtements le matin et qu’on les suspendait en l’air pour un gain de place) jusqu’à l’estaminet où les mineurs aimaient à se retrouver le soir, en passant par les bureaux de l’administration des mines et, bien entendu, par la descente dans les galeries (en partie simulée, mais on s y croirait) l’évolution des condi-tions de travail, l’ambiance (la mise en route des marteaux perforateurs est particulièrement impressionnante par le vacarme effroyable qu’elle produit or, les mineurs le supportait durant de nombreuses heures, sans la moindre protection aux oreilles).
De surcroît, le Centre de Lewarde possède un centre d’archives, une bibliothèque, une photothèque et une cinémathèque traitant de la question des mines.

 


Bibliographie, Iconographie :
Centre historique minier de Lewarde http://www.chm-lewarde.com
Le Nord Pas-de-Calais – Editions Ouest-France


Retour sommaire

Déclaration CNIL n°767143 | Contact
A propos d´histo-nord | JMB-Concept
Adresse IP : $REMOTE_ADDR
Adresse DNS : $REMOTE_HOST
Nom d´hote : $HTTP_X_FORWARDED_FOR
Navigateur : $HTTP_USER_AGENT
Adresse Page : $HTTP_REFERER