L'aventure minière

C'est en 1720 qu'un
gisement de charbon était découvert à
Fresnes-sur-Escaut.
L’aventure commençait....
A l’époque,
descendre dans la mine était quelque chose d’absolu-ment
terrifiant. D’abord, on utilisait des moyens plutôt rudimentaires
pour parvenir en bas des échelles, des cordes à noeuds ou
des « cuffats » sortes de grands tonneaux dans les-quels
s’introduisaient les mineurs et que l’on envoyait vers le fond à
l’aide de cordages. De plus, non seulement l’horizon était des
plus obscur (l’éclairage ne consistait qu’en bougies ou en
lampes à huile), mais le silence y régnait. Quelques
bruits d’outils résonnant sur le sol, de temps à autre
une parole de mineurs. Tout l’outillage était manuel, et le
resta jusqu’aux environs de 1848. De temps à autre, la flamme
des éclairages provoquait l’explosion du grisou et
quantité de vic-times. L’historien Gérard Dumont a
retrouvé les traces d’un mineur de l’époque, Antoine
Delfosse, né à Anzin. Il descendit dans la fosse en 1768,
a l’âge de 7 ans Il y travailla jusqu’à l’âge de 63
ans. Labeur épou-vantable, selon l’expression de cet his-torien,
mais en même temps, pour les habitants d’Anzin, cette mine
était une occasion de gagner son pain.
Dure condition aussi pour les che-vaux, indispensables pour transporter
le charbon. On installait des écuries dans la fosse, pouvant
comporter jus-qu’à vingt-cinq bêtes. Avant de les faire
descendre, on les habituait au noir en leur bandant les yeux
notam-ment. Le château d’Olhain servit de centre de
récupération pour bon nombre de chevaux.
Dans la première moitié du XIXe siècle, les choses
évoluèrent, avec les progrès de la technologie et
l’arrivée des grandes compagnies industrielles.

Entretemps, le bassin minier s’étendit
démesurément à travers toute la région,
formant une sorte de longue empreinte émaciée (120 km de
long sur 12 de large environ) . En 1841, on trouva du charbon à
Oignies. A l’époque , la région comptait 9000 ouvriers
des mines. Vingt ans plus tard, on en dénombrait 20000 et 42000
en 1875. Parmi eux, bon nombre d’enfant très jeunes, comme
Antoine Delfosse, mais aussi des filles, qu’on surnommait les cafus,
à cause de la coiffe qu’elle portait et dans laquelle elles
plaçaient leurs cheveux pour les protéger de la
poussière de charbon. Les filles ne travaillaient pas au charbon
proprement dit mais s’occupaient de tâches d’intendance.
Cependant, au fur et à mesure quel’industrie s’améliorait
et que le rendement s’accélérait, le
mécontentement prenait également de l’ampleur. De grande
grèves d’ouvriers miniers virent le jour, souvent
réprimées de façon sanglante au point d’attirer
l’attention d’Emile Zola qui assistera à une grève de
cinquante-six jours. Dans son carnet de notes, Zola a notamment
écrit : « Mis le vêtement du mineur, la
chemisede laine, la culotte ou cule, la veste ou jupon … Deux minutes
au plus pour descendre 476 mètres (une minute pour monter). La
pluie commence à une certaine profondeur, d’abord faible, puis
augmentant... On entend brusquement un roulement lointain, c’est un
train de berlines qui arrive.. Le bruit se rapproche, on
aperçoit vaguement le cheval blanc qui traîne. Un enfant
est assis sur la première berline, c’est le conducteur…
»

Mais les grèves ne sont pas les seuls drames qu’aient connus les
mines des catastrophes eurent égale-ment lieu. Ainsi, le 10 mars
1906, tôt le matin, une effroyable explosion se produisit dans le
puits n°3 de Méri-court, près du village de
Courrières on s’apercevra par la suite qu’une cen-taine de
kilomètres de galeries avaient été atteints. Or,
les galeries s’effon-drent, bouchant ainsi les puits. Il fau-dra
plusieurs semaines pour remonter des corps et tenter de retrouver des
survivants, le tout dans une atmo-sphère de grève et de
répression. Trois semaines après le drame, une douzai-ne
de mineurs ayant miraculeuse-ment survécu et qui étaient
perdus dans l’interminable défilé de galeries
retrouveront enfin les rayons du soleil. On a estimé qu’il y
avait eut 1 099 victimes.
Dans la seconde moitié du XXe siècle, dès 1959, le
déficit d’exploi-tation fut constaté. On décida
une diminution progressive de la produc-tion. Le 21 décembre
1990, le dernier puits d’extraction ferma, de façon
définitive. Il s’agissait du puits n° 10 de Oignies.
Cinquante ans plus tôt, on comptait plus de 135 000 mineurs dans
le Nord-Pas-de-Calais. Six cents puits avaient été
exploités. Deux mil-liards et demi de tonnes de charbons ont
été extraits.
Certains de ces sites se sont recon-vertis en musées, avec
souvent, pour guides, d’anciens mineurs. L’exemple le plus
représentatif est le Centre his-torique minier de Lewarde,
aménagé sur le carreau de la fosse Delloye qui fonctionna
de 1930 à 1971. Le Centre historique, qui est aujourd’hui le
plus grand musée de la mine en France, ouvrit ses portes en
1984. Il propose au visiteur de suivre toutes les étapes de la
journée du mineur, de la salle des bains-douches (ou salle des
pen-dus, parce qu’on y laissait ses vêtements le matin et qu’on
les suspendait en l’air pour un gain de place) jusqu’à
l’estaminet où les mineurs aimaient à se retrouver le
soir, en passant par les bureaux de l’administration des mines et, bien
entendu, par la descente dans les galeries (en partie simulée,
mais on s y croirait) l’évolution des condi-tions de travail,
l’ambiance (la mise en route des marteaux perforateurs est
particulièrement impressionnante par le vacarme effroyable
qu’elle produit or, les mineurs le supportait durant de nombreuses
heures, sans la moindre protection aux oreilles).
De surcroît, le Centre de Lewarde possède un centre
d’archives, une bibliothèque, une photothèque et une
cinémathèque traitant de la question des mines.

Bibliographie,
Iconographie :
Centre historique minier de Lewarde http://www.chm-lewarde.com
Le Nord Pas-de-Calais – Editions Ouest-France