FOLKLORE ET TRADITIONS
Les gens du Nord et de Picardie appartenaient à cette nation picarde qui s’étendait de Beauvais à Lille et de Calais à Laon, se prolongeant même jusqu’à Tournai et Mons. La langue picarde cimentait les liens entre les habitants de cette région, laborieux mais bons Vivants, qui aimaient la bonne chère et les grandes fêtes. Aujourd’hui encore tout est prétexte à organiser un banquet ou à se retrouver à l’estaminet (mot wallon pour désigner un café) autour d’une bière dans une chaleureuse ambiance. Les Flamands, les Artésiens, les Lillois, les Picards ont ce même goût des réunions. Les jeux collectifs y sont très nombreux, les associations (chaque village a son harmonie municipale), les carnavals, les fêtes, les ducasses, les kermesses ne se comptent plus.
La ducasse ou kermesse.
Les noms de ducasse (qui vient du mot dédicace fête catholique) et de kermesse (foire de l’église an flamand) désignent tous deux la fête patronale de la ville ou du village. Cette fête a conservé quelques aspects de son origine religieuse : messe, processions, mais aujourd’hui s’y ajoutent les stands de forains, les concours, les jeux traditionnels, parfois une braderie.
Les carnavals.
Occasion de se déguiser, d’assister à des défilés de chars et de géants, le carnaval se déroule traditionnellement au moment de Mardi Gras, comme à Dunkerque où il dure trois jours. En réalité, dans le Nord de la France, des défilés carnavalesques ont lieu tout au long de l’année.
Quelques géants célèbres.
Les géants sont issus d’histoires ou de légendes très variées et l’on trouve parmi eux :
des guerriers fameux comme les Reuzes de Dunkerque et de Cassel qui seraient originaires de Scandinavie.
les fondateurs légendaires comme ceux de Lille : Lydéric et Phinaert
des personnages historiques comme Jeanne Maillotte à Lille, la cabaretière qui repoussa les Hurlus, la belle Rose à Ardres qui sauva la cité des dragonnades; l’Electeur de Bergues représentant Lamartine; Roland d’Hazebrouck, croisé de Beaudom de Flandre qui se signala lors de la prise de ConstantinopIe.
des couples célèbres dont Martin et Martine, les deux jaquemarts de Cambrai, Colas et Jacqueline, les maraîchers d’Arras, Arlequin et Colombine à Bruay en Artois, Manon et Des Grieux à Hesdin.
des personnages populaires comme Gédéon, le carillonneur de Bourbourg qui sauva les cloches du beffroi lors d’un pillage; le colporteur Tisje Tasje d’Hazebrouck, symbole de l’esprit flamand avec sa femme Toria et Sa fille Babe Tisje ; Pierrot Bimberlot du Quesnoy; Ko Pierre, le tambour major, à Aniche.
des héros légendaires: Gargantua à Bailleul, Gambrinus, le roi de la Bière, à Armentières, Yen der Houtkapper, le bûcheron qui tailla des bottes pour Charlemagne, à Steenvoorde, et Gayant de Douai qui aurait délivré as ville des brigands.
des représentants de corps de métiers comme le maraîcher Baptistin à St-Orner, le mineur Cafougnette de Denain et le pêcheur Batisse de Boulogne-sur-Mer.
ou simplement un enfant comme le fameux Binbin de Valenciennes.
Les géants
sont souvent accompagnés de leur famille car ils se marient et donnent
naissance à une progéniture parfois nombreuse et entourés
de chevaux-jupons, de diables, de gardes du corps, de la roue de la fortune.
Parfois un hymne leur est attaché comme les Reuzelieds à Dunkerque
et à Cassel
Leur fabrication. Traditionnellement les corps des géants sont constitués
d’une structure d’osier sur laquelle repose la tête réalisée
en carton-pâte et peinte. Une fois revêtus de leur costume, ces
géants sont portés par plusieurs hommes qui les font danser. Le
plus haut est Gayant de Douai avec ses 7,50 m.
Aujourd’hui des matériaux plus lourds sont souvent utilisés (tubes
d’acier, rotin, plastiques...), les géants sont alors posés sur
un chariot et tirés.

Cassel
Reuze-papa et Reuze-Maman
Les carillons.
Egrenants leurs notes mélodieuses, les carillons enclos dans le beffroi ou le clocher, rythment la vie des villes du Nord. Depuis le Moyen Age, où les carillons comportaient 4 cloches frappées à la main avec un marteau, les ajouts, au cours des siècles d’un mécanisme, du clavier manuel et du pédalier, ont permis d’augmenter le nombre des cloches (62 à Douai) et d’enrichir la variété de leurs sons. Des concerts de carillons sont organisés à Douai, St-Amand-les-Eaux et Maubeuge.
Les jeux traditionnels.
La vogue des jeux et des sports traditionnels se maintient aussi:
marionnettes, jeux de balle, jeux de paume, de quilles et de fléchettes où l’on s’affronte sur le pas de tir, jeu de crosse (ancêtre du golf), archerie, combats de coqs, colombophilie, etc.
Le tir à
l’arc.
Au Moyen Age les archers faisaient déjà l’orgueil des comtes de
Flandre qu’ils accompagnaient dans toutes leurs expéditions. Dés
que les communes furent fondées, les archers se regroupèrent en
confréries ou ghildes. Vêtus de costumes de drap colorés,
brandissant le grand étendard de leur confrérie, ils apparaissaient
dans toutes les cérémonies publiques. Aujourd’hui le tir à
l’arc se pratique de plusieurs façons, la plus spécifique au Nord
est le tir à la verticale ou tir à la perche qui consiste à
abattre des oiseaux fixés sur des grilles, elles-mêmes attachées
à une perche. Au sommet de celle-ci, à une trentaine de mètres
du sol, se trouve la cible la plus difficile à atteindre le " papegaï "
. Les archers doivent abattre cet oiseau à l’aide d’une longue flèche
emboulée et le vainqueur est proclamé roi de la perche. En hiver,
ce sport se pratiquant à l’intérieur, on tire à l’horizontale
sur une grille légèrement oblique. Toujours groupés an
confréries, les archers se réunissent tous les ans pour fêter
leur patron, saint Sébastien.
Tir à
l’arbalète.
Autre tradition remontant au Moyen Age, le tir à l’arbalète a
conservé ses adeptes regroupés an confréries d’arbalétriers.
Les manifestations, où ils se retrouvent avec leurs curieux instruments
d’une autre époque, sont hautement colorées et portent des noms
évocateurs comme le Tir du Roy.
Le javelot.
Flèche empennée de 50 à 60 centimètres, le javelot
se lance sur un faisceau de paille très serrée qui fait office
de cible. C’est le même principe que pour le jeu de fléchettes
que l’on trouve dans de nombreux estaminets.
Le jeu de billon.
Le billon désigne une bille de bois longue d’1 m pesant 2 ou 3 kg. Deux équipes ayant chacune un billon s’affrontent autour de quilles plantées aux limites du terrain. Une équipe attaque la quille avec son billon l’autre la défend.
Le bouchon.
Dans les cafés, les équipes s’affrontent abattant avec leurs palets
de métal lus bouchons de liège et de bois. Les meilleurs joueurs
participent à des concours dans les fêtes locales.
Les combats
de coq.
Dans le parc ou gallodrome autour duquel s’amassent des parieurs passionnés,
les coqs orgueilleux et vindicatifs, aux ergots munis de lames d’acier tranchant,
bataillent jusqu’à ce que mort s’ensuive sous l’œil inquiet de leurs
éleveurs, les coqueleux
La colombophilie.
Plus pacifiques, les concours de vitesse et de précision pour les pigeons
voyageurs connaissent un grand succès. Les coulonneux dressent leurs
pigeons à revenir au nid le plus vite possible. Convoyés dans
des paniers spéciaux jusqu’à une distance pouvant atteindre 500
km, les pigeons doivent rejoindre leur colombier à une vitesse record.
Un pigeon peut voler à plus de 100 km/h de moyenne.
Les concours
de pinsons.
Autres volatiles entrant dans le folklore du Nord, les pinsons sont l’objet
de concours de trilles. Certains en poussent jusqu’à 800 à l’heure.
Les chiens
ratiers.
Autre jeu cruel mettant an piste des animaux, les concours de chiens ratiers
connaissent toujours un certain succès. Trois rats sont introduits dans
une cage, puis le chien. On chronomètre alors le temps que ce dernier
met pour tuer ses adversaires. Le chien le plus rapide est proclamé vainqueur.