Elle fleurit
ensuite entre les 12e et 14e
siècles : au moyen-âge, des écrivains
prestigieux comme les Arrageois Adam de la
Halle et Jean Bodel, ou, en Picardie, Jacques d’Amiens ou Robert de
Clari, écrivent
en picard. Plus exactement, ils utilisent une scripta hybride
franco-picarde,
mélange d’ « ancien français »
(standard interrégional alors en cours
d’élaboration) et de dialectalismes régionaux. Il en est
ainsi dans toutes les
régions du Nord de la France, mais la scripta picarde
jouit au moyen-âge
d’une popularité qui dépasse les limites de son domaine
linguistique, ce qui permet
à des linguistes comme Henriette Walter de parler d’une
« exception
picarde » : c’était la grande langue de
littérature du Nord de la
France, comme le Provençal était celle du Sud. Dans le
même temps, les textes
juridiques de l’époque (en particulier les Chartes) font un
usage abondant de cette scripta
picarde.